Il m'a traitée de folle, alors je suis partie
Chapter 2
J'ai passé la nuit à l'hôtel de ma mère.
Le lendemain, j'ai enfilé les vêtements neufs qu'elle m'avait achetés.
Puis, je suis retournée dans la maison où j'avais vécu ces six dernières années.
À mon entrée,
Hugo, qui jouait dans le salon, m'a aperçue.
Une lueur de surprise mêlée d'agacement a traversé son regard.
Il a marmonné entre ses dents :
« Elle ne devait pas rester là-bas pendant cinq jours ? Pourquoi elle est déjà de retour après seulement trois jours ? »
Au même moment, Alexandre est descendu.
En me voyant, l'étonnement s'est aussi lu sur son visage.
Visiblement, il ne s'attendait pas à ce que je sorte si vite.
Mais il a rapidement repris son masque de glace.
Il a dit d'un ton détaché :
« Te voilà de retour. Va te laver et repose-toi. Et ne crée plus d'histoires. »
J'ai secoué la tête.
« Ce n'est pas la peine. Nous allons chez le notaire pour signer la convention de divorce dès aujourd'hui. »
En entendant cela, le visage de Hugo a changé du tout au tout.
Il a couru se réfugier derrière les jambes d'Alexandre, en me hurlant dessus :
« Si tu t'en vas, casse-toi ! Ne t'avise même pas de m'emmener avec toi. Je n'irai nulle part avec toi ! »
En regardant son visage en colère, débordant de rejet à mon égard,
j'ai esquissé un sourire amer.
Hier, en partant, Alexandre m'avait laissé la rédaction de Hugo.
Cette fameuse rédaction.
Je l'avais lue et relue jusqu'à la connaître par cœur.
Je me souvenais parfaitement de ses mots :
« Ma mère est vraiment comme une folle. Mon père travaille tellement dur, mais elle passe son temps à lui crier dessus, à jeter des objets partout dans la maison comme une tarée et à le frapper. Si je pouvais, j'aimerais vraiment que cette folle ne soit pas ma mère. »
Alexandre avait évoqué le divorce pour la première fois
lorsque j'avais découvert qu'il me trompait.
J'avais calmement pris des captures d'écran des messages WhatsApp et des réservations d'hôtel sur son téléphone.
Quand il était rentré, j'avais étalé toutes les preuves sous ses yeux, une par une.
Mes poings étaient serrés, je contenais toute ma rage.
En silence, j'attendais ses remords, je m'attendais à le voir s'effondrer à genoux pour s'excuser.
Pendant cette attente,
j'avais imaginé toutes les façons dont il allait pleurer pour obtenir mon pardon.
Mais il ne l'a pas fait. Il m'a juste regardée d'un œil froid.
Il n'y avait pas une once de culpabilité dans ses yeux.
Au contraire, il affichait une arrogance sans limite, maintenant qu'il était démasqué.
Il m'a dit :
« Inès, soit tu effaces ces photos et tu restes sagement ma femme, soit on divorce. »
Avant cela,
j'avais naïvement pensé que s'il s'excusait, j'essaierais de lui pardonner, pour cette fois.
Parce que quand une famille se brise, c'est l'enfant qui souffre le plus.
Je ne voulais pas que mon fils subisse le même traumatisme que moi.
Qu'on force un enfant de cinq ans à faire le choix cruel de vivre avec son père ou sa mère.
Mais il ne s'est pas excusé.
Son insolence m'a rendue folle de rage.
Dans ma détresse et ma colère, j'ai attrapé tout ce qui me tombait sous la main.
Et je lui ai jeté dessus, encore et encore.
Mais quand j'ai entendu la nounou et Hugo arriver,
j'ai désespérément tenté de calmer ma crise de larmes.
Je ne voulais pas que Hugo assiste à cette scène horrible entre ses parents.
Malheureusement, mes efforts pour le cacher ont échoué.
Hugo m'a vue hurler et lancer des objets sur Alexandre comme une folle.
Mais il n'avait pas entendu les provocations d'Alexandre juste avant.
Aujourd'hui, en regardant cet enfant qui me traitait de malade mentale,
j'ai accepté une fois de plus que ce couteau, issu de ma propre chair, me transperce le cœur.
« Ne t'inquiète pas, je ne veux pas de toi. Une fois le divorce signé, je disparais. »
J'étais d'un calme olympien, le visage totalement vide d'émotion.
Hugo ne me croyait pas.
Il a levé les yeux vers Alexandre.
Alexandre a soutenu son regard.
Il a dit froidement :
« Puisque c'est comme ça, on signe l'accord demain. Je vais demander à mon avocat de préparer l'acte de renonciation aux droits parentaux immédiatement. Tu le signes, et Hugo sera enfin tranquille. »
Les yeux de Hugo, qui étaient méfiants l'instant d'avant, se sont illuminés en entendant les paroles de son père.
Son visage respirait le soulagement.
J'ai pincé les lèvres.
Et j'ai répondu :
« D'accord. »